Sous le nom de Cujas
Depuis 1936, la maison Cujas publie la doctrine du droit pénal et répressif et de la régulation, et réédite les grands classiques de la culture juridique française et civiliste européenne.
Placer une maison d’édition sous le nom de Cujas, c’est revendiquer un héritage : celui de l’humanisme juridique, qui a fait du retour aux textes et de leur établissement rigoureux le fondement de toute science du droit.
Le droit répressif, la régulation, les classiques
Notre premier métier est le droit pénal et répressif. Les Traités et Précis exposent le droit pénal général et spécial, la procédure pénale et le droit pénal des affaires, pour l’étude comme pour la pratique ; la Revue pénitentiaire et de droit pénal, fondée en 1877, en suit l’actualité doctrinale et jurisprudentielle.
Notre deuxième métier est la technique de la régulation : les domaines que régissent la soft law et les autorités administratives indépendantes — droit financier et des marchés, droit de la concurrence, biotechnologies et droit médical, techniques économiques et financières, informatique et cybersécurité, intelligence artificielle. Des ouvrages spécialisés, au croisement de la norme, de la supervision et de la sanction.
Notre troisième métier est la réédition des grands classiques de la culture juridique française et civiliste européenne — thèses, traités et essais qui ont façonné la pensée du droit et qui sommeillent trop souvent dans les fonds anciens.
Chaque ouvrage y est restitué dans une reproduction numérique soignée, respectueuse de la lettre du texte et de la mise en page d’origine, enrichie de la lisibilité et de la pérennité qu’offrent les supports d’aujourd’hui.
Jacques Cujas (1522–1590)
Jacques Cujas est l’un des plus grands juristes de la Renaissance française et la figure majeure de l’humanisme juridique. Tenant du mos gallicus — la « manière française » d’enseigner le droit —, il rompt avec la scolastique médiévale pour lire les textes romains comme des documents historiques, restitués dans leur langue et leur contexte.
Né à Toulouse en 1522 dans un milieu modeste, il acquiert très tôt une érudition remarquable en latin, en grec et en histoire ancienne. Sa carrière d’enseignant, itinérante et parfois mouvementée, le conduit de Toulouse à Cahors, Valence, Turin, et surtout Bourges, où il enseigne à plusieurs reprises et où il meurt le 4 octobre 1590. Ces changements de chaire tiennent à sa renommée grandissante, aux rivalités universitaires et aux troubles des guerres de Religion, dont il s’efforça de tenir son enseignement à l’écart.
Sa démarche consiste à reconstituer et à critiquer les textes du Corpus juris civilis de Justinien par l’analyse philologique, pour retrouver le droit romain classique sous les remaniements postérieurs. On lui doit ses Paratitla sur le Digeste et le Code, et surtout les Observationes et emendationes, vaste recueil de notes critiques enrichi tout au long de sa vie, ainsi qu’un patient travail de restitution de textes anciens, parmi lesquels les Sentences de Paul.
Le prestige de Cujas attira à ses cours une élite intellectuelle — le philologue Joseph Juste Scaliger, l’historien et magistrat Jacques-Auguste de Thou, le juriste Étienne Pasquier ; la tradition rattache aussi à son enseignement Antoine Loisel. Considéré dès le XVIIe siècle comme le prince des romanistes, il demeure une référence de l’histoire du droit et de la philologie juridique. À Paris, au cœur du quartier latin, la rue Cujas relie la place du Panthéon au boulevard Saint-Michel, au voisinage de la Sorbonne et de la faculté de droit ; elle porte ce nom depuis 1865, en raison de sa proximité avec la faculté.
La maison doit son nom au juriste Jacques Cujas et à la tradition savante qu’il incarne.